• Episode ARDANT - Souvenirs d'une passion - PLUIE DE STARS

    A-  FANNY ARDANT  

     

    Mon métier de journaliste - dans le domaine artistique - m’a permis  de fréquenter pendant une vingtaine d’années le célébrissime Festival de Cannes.

    J’y ai rencontré des centaines de stars : hommes et… femmes !

    Des  rencontres parfois éphémères  sur la Croisette , sur la plage du Majestic, dans la salle de presse, au cours d’un déjeuner ou d’un dîner, ou même au cours d’une nuit festif  dans un bar de la ville, mais aussi  dans leur chambre d’hôtel  (Carlton – Martinez – Majestic).

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    Et là, la rencontre a toujours été passionnante :

     

    Orson Welles -  Kirk Douglas - Jean-Claude Brialy -

    Miou Miou – Marie Christine Barrault – Lauren Bacall - Annie Girardot - Jeanne Moreau – etc)

     

    Et ELLE !

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    Et tous les autres… sauf Roman Polanski que j’ai suivi dans les longs couloirs du Carlton – Nagra et micro en main – essayant d’obtenir quelques mots, mais non, il a fui le lâche, préoccupé sans doute par un autre rendez-vous … féminin…Avec qui ?

     

    Elle : « On a tous une grenade dans le cœur, ce qui est important c’est le moment où on la dégoupille ! »

     

    Elle est née à Saumur  l’année où nous quittaient Christian Bérard, Charles Dullin, James Ensor, Maeterlinck…

    L’année où Clouzot réalisait «  Manon », Cocteau  « Orphée »…

    L’année où Rita Hayworth épousait Ali Khan et pendant laquelle Gene Kelly tournait  « Un jour à New York »  avec Sinatra…

     

    Elle est née sous le signe du Bélier,  c’est tout dire :   énergique, vive d’esprit, curieuse,  aventureuse,  leader en amour, élément : le feu…

    Une longue femme brune, secrète, mystérieuse, sensuelle en diable, avec sa voix envoûtante   et sa démarche de magicienne.

    Belle ! Fascinante ! Mouvante et émouvante ! Follement drôle !  Insaisissable !  Imprévisible ! Elle est la passion et le romantisme !

     

    Elle m’a reçu dans sa suite  du Carlton, un matin de mai vers onze heures, en déshabillé suggestif, troublant.

    J’étais avec « la femme d’à côté », ce film complètement  fou  sur un amour fou réalisé par François Truffaut, l’un des hommes de sa vie avec lequel elle a  eu une petite fille : Joséphine !

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    Fanny Ardant : «  La femme d’à côté »  me ressemble dans la mesure où je suis plutôt négative.


    « Benvenuta » faisait mon admiration par la  possibilité de sublimer quelque chose qui finissait dans cette histoire qui était celle d’une passion très forte. C’était comme la réponse de « La Femme d’à côté ».

    Et c’était intéressant pour moi de l’avoir tourné dans cette sorte de chronologie.

     

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    - Fanny Ardant, vous le savez, votre voix est inimitable, à la fois ferme et languissante, grave et chantante qui est elle même chargée de passion mal contenue.

     

    Fanny Ardant : Quel merveilleux compliment vous me faites !

     

    Je vais craquer si je la regarde  trop – ou  la contemple plus exactement – elle aime  employer les mots justes…

     

    Fanny Ardant : Tout ce que les autres veulent que je sois, je finis toujours par le devenir.

    De toute façon,  le fil conducteur du cinéma, c’est l’amour !

     

    J’aurais aimé qu’elle dise  que le fil conducteur de sa vie, c’était l’amour !

     

    Fanny Ardant : La profession d’actrice n’est pas quelque chose d’assez fort pour définir quelqu’un.

    La seule chose qui vous définisse, c’est la passion que vous avez pour ce métier.

     

    - Fanny… (Est-ce que j’allais oser  ne dire que son prénom ? J’étais quelque peu intimidé, fébrile)…Ardant, qui vous a permis d’éclater : le théâtre ou la télévision ?

     

    Fanny Ardant : La télévision. Remarquez, j’ai une véritable passion pour le théâtre.

    Je pense du reste que je suis arrivée dans ce métier grâce au théâtre, au texte, à la poésie, aux personnages qui vivent dans des situations extrêmes !

     

    J’ai débuté dans  « Polyeucte ».

    J’avoue – aujourd’hui encore – avoir connu la plus grande peur de ma vie.

    J’ai repris le rôle d’Isabelle Adjani  dans «  Mademoiselle Julie ». Ce fut une grande joie.

    Toute comédienne rêve de jouer ce personnage.

    Alors quand on me l’a proposé, j’y suis  allée par amour et passion du  théâtre, amour de ce rôle, amour de Strindberg, amour de tout quoi.  Je suis  une femme toujours entière !

    C’est au moment où je jouais   « Electre » de Giraudoux que Nina Companeez  m’a découverte et engagée pour ce feuilleton télé  au succès mondial : « Les Dames de la côte » …

    Et c’est en jouant dans cette histoire que François m’a remarquée et m’a  proposé de jouer avec Gérard dans « La femme d’à côté » Un vrai cadeau !

     

    François c’est bien sûr Truffaut !

    Gérard  c’est Depardieu ! Il n’y en a pas deux !

    (Rires de Fanny)

     

    Fanny Ardant, comment faites-vous le choix d’un rôle ? C’est à partir de l’histoire ou du metteur en scène ?

     

    Fanny Ardant : C’est beaucoup plus à partir d’un personnage et de l’histoire. Je ne pourrais pas  faire quelque chose qui me déplaît mais aussi il y a l’envie, la curiosité de travailler avec quelqu’un que j’ai beaucoup admiré de l’autre côté de la barrière. Quelqu’un que j’aime comme André Delvaux, Alain Resnais.

    Avec Alain,  il y a eu de grandes découvertes d’acteurs dans « L’amour à mort ».

    J’ai eu l’impression qu’il m’avait utilisée pour me montrer dans un personnage  dans lequel on n’était pas habitué de voir , c’est-à-dire une sorte  de paix , de sérénité , d’altruisme , de me tourner vers les autres , et pas toujours le rôle d’une femme qui dit : « Et moi, et moi et moi ! »

    Et j’ai beaucoup aimé la délicatesse d’André Delvaux. Il a l’art de mettre en scène des choses énormes mais comme cela, comme un peintre. Et il est toujours d’humeur constante malgré les angoisses que peut vivre un metteur en scène !

    Je partage d’ailleurs cette idée avec André qu’un tournage doit être une fête perpétuelle. Il ne faut pas perdre un moment de cette fête parce que l’on ne  sait pas quand cela reviendra ni combien de temps on restera unis avec  ces gens que le hasard a réunis pour un court moment.

     

    Midi sonne à l’église cannoise…

    Egoïstement, j’espère qu’elle ne l’entend pas… Il y a plus d’une heure que je la respire avec  fièvre et passion  et que mon bras droit commence à  me faire mal, je le tends de tout son long avec le micro au bout pour capter les propos de la belle Barbara…

     

    Fanny Ardant : On s’est beaucoup amusé, Jean-Louis Trintignant et moi en tournant  ce film de François «Vivement dimanche »   où - c’est exact - je jouais Barbara, la secrétaire qui va mener l’enquête. C’était d’un grand enthousiasme et d’une grande pudeur de la part de François et puis j’avais  l’œil de Jean-Louis… Cela vous met en péril et en même temps vous émeut.

     

    - Fanny Ardant, je dois vous rendre au festival. Vous monterez ce soir les fameuses marches rouges…

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    Vous voulez  bien m’accorder une seconde encore ?

     

    Fanny Ardant : Volontiers ! Comment pourrai-je vous la refuser !

     

    - Merci. Je sais que vous aimez énormément dire  les beaux textes. Vous pourriez me dire deux vers de Rimbaud ?

     

    Fanny Ardant : Non, car je suis très intimidée par votre présence. J’aimerais vous dire, non seulement deux vers de Rimbaud, mais cent, et ce,  à la mer. Ce sera pour plus tard  lorsque vous viendrez  à nouveau me rencontrer – non pas à l’hôtel – mais dans ma loge au théâtre pour y vivre son ambiance .Vous aimerez je crois.

     

    Je ne crois pas Fanny, j’en suis sûr ! Je n’ai plus jamais eu l’occasion de la revoir.

    Oui, il y a quelques mois à Bruxelles lorsqu’elle venue jouer « Music Hall » mais  il n’a pas été possible de lui parler en toute intimité. Rimbaud n’aurait pas convenu. Mais il n’est jamais trop tard dans la vie…

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    Cela dit,  je reste séduit par cette magnifique comédienne, tellement et merveilleusement femme au premier degré…

     

    « L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,

    « L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins

    « La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles

    « Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. »

    (L’Etoile a pleuré rose/Rimbaud)

     

    « …Je ne parlerai pas, je ne penserai rien ;

    « Mais l’amour infini me montera dans l’âme,

    « Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

    « Par la Nature – heureux comme avec  une femme…

    (Sensation/Rimbaud)

     

    de Roger Simons - PLUIE DE STARS  (ENTRE SCENE ET MICRO) - 

    et  Michel  Metteur En Web


     

     

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  • Episode ANNAUD - Souvenirs d'une passion - PLUIE DE STARS

     

    A-   JEAN-JACQUES ANNAUD

     

    Le cinéaste de l’Aventure !

    L’homme du Défi !

     

    Jean-Jacques Annaud : Cela me fait plaisir qu’un homme comme vous me dise une chose pareille parce, depuis que je suis sorti de l’école du cinéma, je me suis donné beaucoup de mal.

    J’aime prendre des risques car je crois sincèrement que le public le mérite.

    C’est vrai aussi que j’aime m’aventurer sur des frontières  quelque peu en marge.

    J’essaie de faire bouger un peu les choses !

     

    - Ainsi, vous êtes arrivé à reconstituer un monastère du XIV siècle

    pour  « Le Nom de la Rose » d’après le best-seller d’Umberto Eco. 

     

    Jean-Jacques Annaud : Je n’avais jamais lu une œuvre aussi intense mélangeant  les genres, qui était à la fois un roman   « de gare », je veux dire une énigme policière très amusante et populaire, et un roman historique qui nous plonge dans le Moyen Age !

    Ce film constitue une longue aventure de cinq années de ma vie.

     

    - Avez-vous trouvé facilement un monastère du 14 e  siècle pour le tournage du film ?

     

    Jean-Jacques Annaud : Non, hélas ! La plupart des monastères  se sont transformés en musée ou en auberge.

    Je vous dirais que j’ai fait la tournée des monastères en Europe. J’en  ai vu 300 et mes collaborateurs au moins 250 !

    Nous n’y avons pas trouvé l’ambiance que nous recherchions.

    Alors, nous avons  tout reconstitué.

    C’est le plus grand décor qui ait été construit depuis le célèbre film : «  Cléopâtre » ! Il avait la taille d’un immeuble de 10 étages. Et puis, il a fallu penser au « labyrinthe ».

     

    - Incroyable quand on le voit à l’écran. 

     

    Jean-Jacques Annaud : A un point tel que nous nous perdions tous dans ce labyrinthe. Il a fallu flécher le matin du tournage pour aller sur le décor…

    Monter des marches, traverser des pièces, certaines encombrées de miroirs qui nous  faisaient nous tromper. Alors, nous remontions un escalier. Arrivé à l’extrémité, c’était une fausse porte. Nous devions redescendre … Mon chef opérateur s’est lui-même perdu.

    Se perdre dans son propre décor, avouez, c’est original !

     

    Voilà un travail de titan, étonnant mais passionnant…

     

    Jean-Jacques Annaud : Et ce n’est pas tout…J’ai dû faire fabriquer plus de 700 bouquins, pas une mince affaire !

    Et reliés à la manière de l’époque, recouverts de véritable cuir gravé au fer. Une centaine sur parchemin authentique.

    Dix enlumineurs  ont travaillé pendant six mois pour refaire les pages à la poudre  d’or authentique, à la poudre lapis-lazuli, pour obtenir des bleus parfaits. Chaque page a été traitée à la manière ancienne…

    Je tenais absolument à plonger le spectateur dans un univers  nouveau pour lui et qu’il puisse faire la différence avec tout ce qu’il avait jusqu’à présent.

     

    Et  ces propos extraordinaires du réalisateur  ne constituent qu’un petit début de tout le travail qui restait à faire, tant que sur le plan technique que celui des acteurs…de grands noms  tels Sean Connery et Michael Lonsdale… et une foule de figurants !

     

    Du bel ouvrage ! Quelle volonté et quel talent  de Jean-Jacques Annaud pour arriver à faire ce film grandiose !

    Mais il est  persévérant et insatiable Jean-Jacques…

     

    Connaissez-vous l’histoire du film

    « Wings of Courage / Guillaumet - Les Ailes du Courage » ?

     

    Un petit repos dans votre lecture avant de vous raconter cette formidable histoire.

    Vous avez certainement l’enregistrement de la musique du film signée : James Horner.

    Alors, écoutez-en  quelques mouvements…

    Je vous abandonne pendant un petit quart d’heure…

     

    Quinze minutes plus tard…

     

    « Guillaume de Baskerville, moine franciscain du 14 ème siècle ! »

    « Henri Guillaumet, aviateur français du début du 20 ème siècle, pionnier de l’Aéropostale ! »

     

    Deux époques différentes !  Deux personnages aux antipodes.

    Un seul réalisateur !

    Jean-Jacques Annaud, le cinéaste de l’Aventure !

    Jean-Jacques Annaud, l’Homme du défi !

    Je confirme !

     

    Jean-Jacques Annaud : J’ai pensé qu’il était indispensable de sauter sur l’occasion qui m’était offerte d’utiliser un matériel tout à fait nouveau et de voir si l’on pouvait raconter une histoire sur ces écrans magnifiques qui ont la taille de sept étages et qui représentent la surface de 1600 postes de télévision.

    Jusqu’à présent, rien n’avait été fait dans le domaine de la fiction. Ce format Imax 3 D était resté lié au court-métrage documentaire.

     

    Cette rencontre avec Jean-Jacques Annaud remonte à l’année 1996 au moment  où le cinéaste présentait son film

    « Wings of Courage / Guillaumet - Les Ailes du Courage »

    en hommage à Saint-Exupéry.

     

    - Jean-Jacques Annaud, ce film est la concrétisation d’un rêve ?

     

    Jean-Jacques Annaud : Oui, on peut dire ça.

    J’ai toujours aimé ces pionniers de l’aviation.

    J’ai toujours eu aussi l’idée de voyages. Je  crois que cela vient du fait que quand j’étais enfant, j’habitais une petite maison dans une banlieue un peu grise sans beaucoup de perspective, mais qui ne se trouvait pas loin de l’aéroport d’Orly.

    J’étais fasciné par les avions qui passaient au-dessus de ma tête, dans lesquels je ne montais pas, mais qui me faisaient rêver de destinations merveilleuses.

    Et c’est aussi vrai qu’à l’époque, je dévorais les livres de Saint-Exupéry.

    Mais pour faire ce film « Wings of Courage  / Guillaumet - Les Ailes du Courage », je me suis plongé dans d’autres textes authentiques sur l’aéropostale…

    Saviez-vous que l’on avait affiché dans ses hangars le texte suivant : « Le courrier est plus important que la vie ! »

    Est-ce que vous imaginez aujourd’hui une compagnie d’aviation afficher un texte pareil ?

     

    - Jean-Jacques Annaud, vous êtes – vous aussi – un pionnier.

     

    Jean-Jacques Annaud : Vous êtes gentil, mais c’est un peu excessif.

    J’ai utilisé quatre caméras Imax : la Solido, la 3 D, le rig Imax, l’Imax 2 D…Des caméras lourdes et encombrantes.

    Je suis allé à Vancouver et Montréal pour visualiser des essais filmés en Imax 3 D avec un objectif dix fois supérieur au 35 mm normal et projeté sur un écran énorme.

     

    Peut-être avez-vous vu en son temps le film de Jean-Jacques !

    Il retrace l’histoire fabuleuse de trois célèbres aviateurs français et les premiers vols de l’aéropostale dans les Andes…

     

    Jean-Jacques Annaud : Oui et après un atterrissage forcé dans les Andes, Henri Guillaumet - à bord de son monomoteur - fait preuve d’un courage surhumain, d’une volonté inébranlable pour survivre au cours d’une marche forcée de six jours dans les montagnes  enneigées et désolées jusqu’à ce qu’il soit secouru par des paysans qui le découvrent dans la Pampa en Argentine…

     

    Comme Jean-Jacques, que j’ai interviewé de nombreuses fois, devenu un grand  ami, j’ai lu et relu  l’histoire magnifique du « Petit Prince ».

    J’ai réalisé un feuilleton  à la RTBF pour lequel j’ai engagé Jean-Louis Trintignant.

    J’ai monté cette histoire dans la grande salle Imax du Kinépolis à Bruxelles avec Angelo Bison dans le personnage de Saint-Exupéry.

    On  avait l’occasion  de voir cette œuvre « en life »  dans l’une des deux salles  de cinéma et dans l’autre, le film  de Jean-Jacques Annaud.

    Une innovation pour ce lieu du Heysel : Kinépolis !

     

    Jean-Jacques Annaud : J’aime cette histoire et Guillaumet est un homme que j’admire.

    Un héros ! Un vrai ! J’en ai marre de ces prétendus héros hollywoodiens dont les actions sont motivées par la vulgarité et la grossièreté. J’en ai assez de l’antihéros mis en scène dans la plupart des productions contemporaines, de l’homme agissant dans un esprit de revanche et par appât du gain.

    Ce personnage est animé des sentiments les plus nobles et les plus honorables, et c’est très émouvant. Il défend des valeurs démodées qui en réalité sont actuelles.

     

    - Vous avez donc été en Argentine ?

     

    Jean-Jacques Annaud :  Oui, absolument et j’ai entrepris le trajet qu’Henri avait parcouru vers son salut.

    De retour en France, je me suis lancé dans la rédaction du texte et du scénario.

     

    - Vous avez connu de grosses difficultés pour réaliser ce film et au surplus en 3 D ?

     

    Jean-Jacques Annaud : Vous savez, on a voulu me décourager au départ.

    On se demandait  pourquoi je voulais utiliser ces nouvelles caméras et des écrans géants pour raconter l’histoire de trois hommes. J’ai  eu raison de résister et de faire ce film.

    Mais ma toute grande difficulté a été de réduire le film à 40 minutes pour raconter cette histoire passionnante.

    Le procédé 3 D implique une durée qui ne doit pas dépasser les 45 minutes.

     

    Pourquoi ce minutage  au raccourci ?

     

    Jean-Jacques Annaud : Ce procédé fatigue les yeux et le cerveau.

    Et puis, il y a la raison économique également car ce procédé coûte monstrueusement cher. Ce n’est pas seulement la pellicule qui est six fois plus large que le 35 mm normal.

    C’est surtout le format qui a une définition, une telle résolution comparable à celle de l’œil humain avec laquelle  on ne peut pratiquement pas tricher…

     

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    Et ce jour-là, dans un bureau du Kinépolis, mon ami Jean-Jacques a continué avec verve et passion  à me conter son histoire à lui, celle du tournage.

    Jean-Jacques, dessine-moi un avion…

     

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    fr.wikipedia: Jean-Jacques_Annaud

     

    Filmographie: allocine.fr Jean-Jacques Annaud

     

    de Roger Simons - PLUIE DE STARS  (ENTRE SCENE ET MICRO) - 

    et  Michel  Metteur En Web

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  • Episode 18 - ITINERAIRE D'UN SALTIMBANQUE FOU DE THEATRE et de RADIO - Souvenirs d'une passion

    Cela dit, les studios d’aujourd’hui sont très sophistiqués et  permettent de réaliser des émissions extraordinaires.

    Encore faut-il que l’on en ait l’envie ! Ce qui ne me paraît pas évident lorsque j’écoute la Radio !

    Avez-vous encore un moment à m’accorder ?

     

    L’intervieweur : Le temps que vous voudrez.  On en découvre des choses passionnantes avec Vous.

     

    C’est gentil de me le dire.

    Je vous propose de nous replonger aux temps héroïques de la Radio et plus précisément dans le studio des dramatiques avec ses petites  portes, son petit escalier en bois, ses tapis lignés…

    Avec  un seul magnétophone, qui ne se trouve pas dans la cabine technique mais dans un tout autre local et à un étage différent.

    Alors, me direz-vous comment procédait-on pour enregistrer  une histoire ?

    studio01.jpg

    On répétait une séquence  plusieurs fois et au moment de sa mise en « boîte », le réalisateur (on disait plutôt le metteur en onde) téléphonait au technicien qui logeait au quatrième étage du bâtiment (alors que le studio où l’on travaillait était au premier étage) et on lui disait que l’on était prêt pour l’enregistrement.

    Au top, le technicien du quatrième faisait démarrer le magnétophone qui était près de lui. S’il y avait une erreur en cours d’enregistrement, la reprise se faisait par téléphone.

    On repassait – au bout du fil- la bande qui venait d’être impressionnée et, à l’endroit exact où devait se faire la reprise, le réalisateur faisait signe au comédien…

    Vous vous rendez compte combien était compliqué ce boulot d’enregistrements  !

     

    Les bruits étaient obtenus grâce à des disques commerciaux…

    En 78 tours, donc cassables…

    Si l’on avait besoin d’un bruit de foule par exemple  d’une durée de deux minutes, on devait faire des « repiquages » car il n’y avait que 30 secondes sur la «plaque » !

    Cela devenait une boucle et cela s’entendait. On avait l’impression de rester sur le même sillon.

     

    Mais il est vrai  que l’on n’était pas très exigeant à l’époque et que le fait seul d’écouter des acteurs à la Radio (ou pour les anciens : à la TSF) était déjà une chose merveilleuse !

     

    Le montage a extraordinairement évolué avec des machines aux multipistes… Avec des possibilités de coupes dans la bande, de triturage, de décorticage …

    stuido_live.jpg

    Et puis tout cela a changé !

    Avec des appareils dotés de phasemètres (pour le trucage, le fading, la variation des voix, des phases),

    modulateur en anneaux (appareil qui rejoint un peu le synthétiseur ),

    un super limiteur-écraseur-compresseur-expanseur (pour la stéréophonie)

    une machine à 8 pistes à vitesse variable,

    une table de modulation ressemblant étrangement au tableau de bord d’un avion supersonique,

    38 microphones,

    une machine à distorsion et toute une série de gadgets.

     

    Mais tout ce matériel était étonnant dans les années 80 !

    Aujourd’hui, c’est apparemment simple, on peut tout faire en un temps record, et sur l’ordinateur ! Encore faut-il comprendre l’informatique !

     

    Je ne renie certes pas les nouvelles techniques, mais je vous avouerais que je préférerais toujours partir sur les routes avec un magnétophone up to date (j’entends le Nagra !) et enregistrer tous les bruits, toutes les ambiances que je rencontrerais au passage.

    Ou même procéder à l’enregistrement d’une nouvelle histoire.

    Ce serait pour moi encore et toujours une  merveilleuse aventure radiophonique !

    Ce n’est pas de l’amour passionnel ça ?

     

    Ah ! que la vie est riche , qu’elle est belle !

    Ah ! que d’occasions de jouer avec elle !

    Ah ! que la vie nous donne du plaisir !

    Ah ! que c’est bon de pouvoir s’en servir !

    « Félicitations »/P.Delanoé-G.Bécaud)

     

     

     

    50 stars nous attendent dans notre auditorium.

    Ces comédiens, chanteurs,  réalisateurs, vont  nous faire revivre des moments de leur vie…

    Vous allez vous régaler…

     

     

     

    NAISSANCE DE L’EMISSION :« LES FEUX DE LA RAMPE »

     

    Dans les années 70…

    La première chaîne radio de la RTBF voulait lancer une émission le dimanche après-midi  consacrée à l’art théâtral, en réalisant des « dramatiques » d’une heure environ.

     

    La Direction- craignant un manque d’intérêt de la part des auditeurs de la « Première » habitués à une émission dynamique, vivante qu’avait animée le célèbre Jean-Claude Menessier :  « Les 230 Minutes »- modifie sa décision et propose un programme plus animé…   

     

     

    La Direction du Service Dramatique, dirigé par Fernand Abel, me convoque dans son bureau exigu de la place Flagey  (ancien empire de la Radio !) pour me demander d’imaginer des interviews d’acteurs autour de « la dramatique ».

     

    Je bondis dans l’instant et commençai  à prendre des contacts avec de grands comédiens (théâtre et cinéma confondus) pour obtenir leur accord d’une rencontre – interview, soit à Bruxelles, soit à Paris.

    La capitale française m’excitait. Et pour cause, je m’y rendais déjà  souvent  depuis quelques années pour alimenter d’autres émissions dont j’étais le producteur et l’animateur.

     

    Ces séquences : « rencontres avec… » devaient constituer le « prologue » de l’émission  et n’être pas longues, la « dramatique » étant le point  important  de ces deux heures d’antenne !

    J’avais demandé à un ami- à la fois poète, écrivain et régisseur à la télévision belge- d’écrire un scénario pour  la mise sur orbite des  interviews : Jacques Panier, «  Mr Jacques » comme il aimait dire.

    Une comédienne lisait ses textes et l’émission était balancée à l’antenne.

    Deux/trois mois plus tard, j’ai repris ce rôle de présentateur, toujours avec les textes de mon  ami talentueux, Mr Jacques.

     

    Puis, j’ai abandonné cette formule de texte écrit pour passer à une présentation cool et directe.

     

    Et cela a très bien fonctionné encore quelques mois, puis tout a changé. Les auditeurs s’intéressaient nettement plus aux   « compléments interviews »  qu’aux dramatiques qui suivaient !

    Il fut donc décidé de supprimer les dramatiques et de remplir l’émission d’interviews glanées un peu partout.

    Gros succès ! Très gros succès, ce qui a démangé quelque peu le nouveau chef du service dramatique.

    Les premiers «  Feux de la Rampe » ont gagné le purgatoire pendant que revenaient à l’antenne des dramatiques plus ciblées, plus intellectuelles. Avec un titre compliqué :  « Proscénium »

    Insuccès total ! Arrêt de l’émission !

    Retour triomphant des   « Feux de la Rampe », une seule émission mensuelle de deux  heures.

    Une vedette « principale » (venue souvent de Paris) constituait le point de mire de l’émission, entourée de nombreux artistes :

    Comédiens, chanteurs, musiciens, écrivains…

     

    L’émission se faisait depuis le studio 5 Flagey, en présence d’un public passionné et enchanté de cette soirée.

    J’étais très proche de la formule de l’émission de Jacques Chancel à la télévision  française : «  Le Grand Echiquier ».

     

    Cette émission des « Feux de la Rampe »  avait tellement de succès  qu’une quinzaine de jours après la première mensuelle la Direction décidait de lui accorder un rythme  hebdomadaire.

    Dois-je vous dire que j’étais un producteur des plus heureux.

     

    Cette émission ne m’empêchait pas de réaliser des tonnes d’autres émissions, mais toujours axées sur le théâtre et le cinéma avec la présence au micro  des plus grandes vedettes.

    Et, bien entendu, de continuer à réaliser d’autres « tonnes » de feuilletons diffusés quotidiennement sur la première chaîne.

     

    La première personnalité française qui accepta de participer à l’ouverture des «  Feux  de la Rampe »  fut Jacqueline Delubac, troisième épouse de l’illustre Sacha Guitry !

     

    Ces soirées en compagnie de personnalités et d’un public très fidèle (de 100 à 200 auditeurs en puissance ayant l’envie de connaître  les artistes et …l’animateur !) ???

     

    Et puis, tout a changé !... comme cela se passe dans la vie !

    D’une émission publique hebdomadaire, l’émission est devenue une émission quotidienne diffusée du lundi au vendredi soit à 18 h ou 23 h mais, sans le public !

     

    Et au début des années 90, l’émission célèbre des « Feux de la Rampe » est passée à la trappe définitivement…

     

    Et c’est maintenant en l’an deux mille douze que l’auditeur, vieilli mais toujours intéressé à l’art radiophonique, pourra réentendre des bribes d’interviews.

     

    Et puis, il y a ce livre que je viens de terminer  qui vous permet  de revivre ces beaux moments de radio où vous retrouverez ou découvrirez une cinquantaine d’artistes sélectionnés parmi les milliers rencontrés dans ma longue carrière,  ces artistes que nous avons tant aimés…

     

    Que retentissent les douze coups de théâtre ou les notes vibrantes et en jazzées de Duke Ellington


    podcastIndicatif LES FEUX DE LA RAMPE

    qui donnent le départ de l’émission des « FEUX DE LA RAMPE » 

     

    PLUIE DE STARS

     

    JEAN-JACQUES ANNAUD  ( publié )

    FANNY ARDANT

    ARLETTY

    MICHEL AUDIARD

    JEAN-LOUIS BARRAULT

    MARIE CHRISTINE BARRAULT

    JULOS  BEAUCARNE    

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    MICHEL BOUQUET

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    JEAN CARMET

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    CESAR LE FERRAILLEUR

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    LES DARDENNE  &  BRUNO CREMER

    JACQUELINE DELUBAC

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    ISSUR DANIELOVITCH DEMSKY

    FRANCOISE FABIAN

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    DANIEL MESGUICH

    MIOU MIOU

    JEAN-PIERRE MOCKY

    YVES  MONTAND

    JEANNE MOREAU

    MICHELE MORGAN

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    FRANCOIS PERIER

    JEAN PIAT     

    MICHEL PICCOLI

    BENOIT  POELVOORDE

    POIRET & SERRAULT

    CHARLOTTE RAMPLING

    JEAN ROCHEFORT

    HENRI SALVADOR

    ALICE SAPRITCH

    MICHEL SIMON

    JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

    PETER USTINOV

     

     

     ROGER SIMONS

    PLUIE DE STARS

     (ENTRE SCENE ET MICRO – A suivre)

    Avec Roger Simons ... Michel ... Metteur En Web

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